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Archive pour la catégorie « photos (toutes ) »

Strasbourg 3

Strasbourg 3 dans photo d'architecture x4qz1d06

credit photo: Lemmur



Strasbourg 2

Strasbourg 2 dans photo d'architecture h3mok0do

credit photo : lemmur



Strasbourg 1

Strasbourg 1 dans photo d'architecture ziahf748

credit photo: Lemmur



Odeon

Odeon dans photo d'architecture bvdh9dsr

Il est des failles dans Paris.

Des lieux qui lui echappent pour mener leur existance propre.

Pourtant, il suffit d’un pas pour rejoindre la rue….

 

credit photo: Lemmur



La Ville des Statues

La Ville des Statues dans photo d'architecture dpmd6nzw

credit photo: lemmur
 

Dans toutes les villes d’Europe, comme il y a la ville des hommes, il y a la ville des statues.

Je ne veux pas parler de celles qu’on voit sur les places, dans les jardins, à hauteur du regard sur les façades, et qui sont un peu comme les sentinelles de ce monde de pierre, de bronze ou de marbre, épiant de près en quelque sorte nos démarches incompréhensibles comme le sont pour l’homme ordinaire l’agitation des insectes.

Il existe sur les toits, aux flancs ou au fronton des églises, des palais ou des bâtiments officiels que nous légua le XIXe siècle, un monde parallèle qui défie les sautes d’humeur du temps et considère le soleil comme les morts doivent regarder la gloire. Beaucoup de ces allégories, car là où elles ont été placées il s’agit plus d’idées que de personnages mémorables, ne sont visibles d’en bas que partiellement. Pour un Apollon qui lève sans fin sa lyre au-dessus du monde minéral des avenues de l’Opéra, comme s’il voulait l’éloigner du flot hideux des véhicules, ou pour un Ganymède enlevé par l’aigle d’une compagnie d’assurances – à moins que ce ne soit d’un phénix – au-dessus de la tranchée bleuie par les gaz d’échappement du boulevard Haussmann, que de vertus cachées qu’on ne surprend que des lucarnes d’un septième sans ascenseur ou, si le hasard vous a incité à venir avec des jumelles, dans un petit bureau sous les combles du Louvre ou sur la terrasse d’un grand magasin.

Que voient-elles, ces “Saisons” éternellement printanières, ces “Tempérance”, ces “Justice” ? A quoi rêvent ces “Génies” méconnus, ces “Théologies” idéales, tout ce capharnaüm abstrait dont on a cru se débarrasser dans des recoins inaccessibles aux hommes d’en-bas ? Et que font-elles, ces statues, le soir, quand l’ombre égalise la terre, par les nuits de brume de novembre, par les nuits sans lune ou, au contraire, quand la lune de mai laque les toits de la ville comme les lames d’une mer sombre ?

 

Julien Green, Paris, Champ Vallon – “des villes”

 



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